Archive for juin, 2011

Enfants et Média


Le présentateur de ce module M. NDAO Coordonnateur de l’ONG MEDIA DEV AFRICA a commencé son exposé par la question de savoir quelle information pour les enfants ?

En effet le constat que les enfants ne sont pas assez outillés pour avoir une lecture critique des flux d’information. Il faudrait alors une information adapté à l’enfant et qui répond à ses besoins et
aspirations. Malheureusement le paysage médiatique aborde l’information sur les enfants que dans un cadre caricaturale (enfants violés, enfants voleurs, enfants enlevés,…).

L’enfant n’est pas valorisé comme un homme pouvant participer à la bonne marche de la société.

D’un autre côté l’enfant n’étant pas pour la plupart client premier de l’information il est relégué au second plan. Ainsi l’information dans la forme à laquelle elle est véhiculée n’est pas adaptée à l’enfant. Cependant quelques succès stories ont été observés comme l’illustrent les projets suivants :

 Projet éducation à l’usage critique des médias au Sénégal : ce projet est sorti du constat que les médias à un moment se sont focalisés sur les problèmes de moeurs dans les lycées et collèges (sexualité dans les lycées mixtes, homosexualité dans les lycées de jeunes filles,…).
Les élèves qui ont analysés ceci comme un acharnement s’en sont pris à des journalistes. C’est ainsi que le projet a réuni dans trois lycées de Dakar des journalistes, des professeurs et des élèves pour que chaque partie puisse comprendre le préjudice causé aux enfants par la
stigmatisation de leur lycée et redresser la lecture de la presse chez les enfants.

 Projet jeunes lecteurs « passeport » : l’objectif du projet était de faire ressortir les centres d’intérêt des enfants parmi les sujets traités par les journaux.

 La journée internationale de radio et de la télévision pour les enfants : cette journée permet aux enfants de s’initié à la presse entièrement faite par et pour les enfants.

Ainsi il ressort que pour que l’enfant se retrouve dans la presse il faut respecter le droit de communiquer des enfants dans une presse qui est adapté à leur niveau. L’enjeu est ici de valoriser l’enfant par sa prise de parole (ne pas téléguider la prise de parole des enfants). « Ne pas faire des enfants qui parlent des paroles d’adultes » mais laisser les enfants parler aux enfants et aux adultes avec ses paroles.
A travers les médias classiques par l’augmentation des émissions interactives et informatives


Citoyenneté et participation des enfants : définition des concepts


La communication sur le thème a été faite par M. Mame Ngor DIOUF magistrat de profession et Président de l’Association EDEN(Éducation et Développement de l’Enfant).
Il a commencé sa communication par une définition des concepts de participation et de citoyenneté.

Ainsi le citoyen est un individu sous l’autorité de l’Etat avec des droits et des devoirs.

La participation elle a plusieurs dimensions :
 Dimension civique
 Dimension politique (voter, être éligible,…)
 Dimension socioéconomique (jouissance de droits économiques, sociaux et syndicaux,…)

Tous ces éléments trouvent leurs sources dans les textes de lois nationaux et internationaux.

La participation renvoie à l’essence de la démocratie : le gouvernement d’un peuple, par le peuple et pour le peuple. C’est-à-dire une participation active. Ces éléments se trouvent dans les textes de loi
tant nationaux qu’internationaux.

Rappel Historique

Le présentateur a fait un rappel historique en commençant par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui n’a pas de force obligatoire mais c’est un pacte à valeur contraignante. C’est
juste une déclaration de principes et non une Convention. Elle a donc surtout une valeur symbolique. En effet, les disparités culturelles entre les Etats ainsi que le décalage existant entre le nord et le sud
rendaient difficilement réalisables le consensus nécessaire à l’adoption d’une véritable législation internationale.

Nous pouvons alors prendre les exemples suivants :

« Article 1 : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de
raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité »

« Article 10 : Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. »

« Article 18 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

C’est ainsi qu’en 1951, l’Assemblée demandait à la Commission de rédiger deux Pactes, aux dispositions similaires, l’un portant sur les droits civils et politiques, l’autre sur les droits économiques, sociaux et culturels. Il faudra encore une quinzaine d’années pour que, l’examen des projets de pacte terminé, ceux-ci, accompagnés d’un 1er protocole facultatif, soient adoptés le 16 décembre 1966.
Ce n’est qu’en 1976, soit 28 ans après l’adoption de la Déclaration, que la Charte internationale des droits de l’homme devint réalité avec l’entrée en vigueur des deux Pactes et du protocole adoptés en 1966. (35 Etats ayant adhéré aux 2 Pactes).

 Le Pacte international des droits civils et politiques

 Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels

Au niveau africain il y a la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples adoptée le 27 juin 1981 à Nairobi, Kenya, lors de la 18e Conférence de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Entrée
en vigueur le 21 octobre 1986, après ratification de la Charte par 25 Etats. Celui-ci reprend les grandes lignes des textes antérieurs en y affirmant la nécessité de tenir compte “des traditions historiques et des valeurs de la civilisation africaine” dans la conception des droits de l’homme. Nous constatons alors les textes prennent en compte l’Homme dans son ensemble sans distinction de race, de sexe et d’âge.

Cependant dans la pratique nous constatons que les enfants sont les
principales victimes. D’où la nécessité d’une protection spéciale. C’est ainsi qu’est né la nécessité d’une protection spécifique à l’enfant avec la convention relative aux droits de l’Enfant du 20 novembre 1989. La charte positionne alors l’enfant comme un sujet de droit.

Cette convention pour avoir un consensus désigne comme enfant toute personne de moins de 18 ans. Ceci à cause des divergences d’opinion quant au moment de la conception de l’enfant (religieuses et scientifiques).
L’enfant est ici titulaire de tous les droits et l’Etat est responsable de la mise en oeuvre des droits de l’enfant.
La convention intervient dans trois axes : la Prestation, la Protection, la Participation.

Les mécanismes de suivi de la convention : le comité de mise en oeuvre qui travaille sur la base de quatre principes fondamentaux :
 Participation (art. 12)
 Non discrimination (art. 4)
 Instruction de l’enfant (art. 3)
 Vie, survie et développement. (art. 6)

La participation comme processus

La participation des enfants est la voix privilégiée pour l’apprentissage de la citoyenneté. Cependant la participation ne se décrète pas. C’est un processus ou l’enfant est au coeur. L’exemple du parlement des enfants est illustratif à plus d’un titre. Le parlement se présente des fois comme un instrument des adultes pour montrer que les enfants sont impliqués dans les processus de décision.

La participation comme défi

Il y a des contraintes socioculturelles qui ne favorisent pas la participation des enfants. (Les enfants n’interviennent pas dans les débats des adultes, l’enfant bien éduqué c’est celui qui dit toujours oui à ses parents,…) C’est aussi un enjeu pour la démocratie et les gouvernements. De même de plus en plus les bailleurs sont très regardant quand à la participation des enfants dans le processus
d’élaboration des programmes et projets et la qualité de la participation (en amont, pendant et en aval). C’est aussi un défis pratique car il faut à chaque fois se demander comment mais aussi utiliser les outils adaptés.


« L’école une communauté d’apprentissage de la démocratie participative »


Monsieur DIONGUE a axé son exposé sur deux points :  la mission de l’école et l’apprentissage de la démocratie à l’école.
Ainsi l’école a un grand défi: la  « construction d’une personne, libre et autonome, consciente de ses droits et obligations dans une société où le pouvoir  d’énoncer les règles de vie commune où la désignation et le contrôle de ceux qui exercent le pouvoir sont sous la responsabilité de tous les
citoyens. »
L’apprentissage de la participation à l’école c’est savoir déléguer et représenter avoir la capacité de vivre ensemble (délégués de classe, foyer socio culturel de l’école, budget participatif de l’école selon les besoins des élèves,…).
L’école devrait être, pour répondre à sa mission, une communauté d’apprentissage  constitué de groupes d’élèves, d’enseignants qui partagent le savoir et le pouvoir. L’école  doit rendre l’enfant ou l’adulte apte à participer à la vie démocratique, en exerçant ses droits et  en assumant ses responsabilités.
C’est à l’école où -l’enfant  commence à faire l’apprentissage de la vie avec ses camarades, à se respecter, à respecter l’autre, à élaborer des règles et à les respecter; à assumer ses responsabilités  -Tout petit il regarde les autres faire, agit, imite les bons comportements et c’est là où l’exemplarité dans l’éducation revêt tout son sens. Il ne suffit plus  d’apprendre à bien lire, bien écrire et bien compter, l’apprenant doit  aussi apprendre à être, à faire et à vivre ensemble. C’est à l’école où le jeune  doit apprendre  à participer.
Abordant le second point de sa présentation concernant l’apprentissage de la démocratie à l’école, nous noterons qu’à l’école apprendre à participer,  c’est :
-Apprendre à déléguer à représenter
-Participer à la construction de la règle
-Découvrir le bien fondé d’une loi, critiquer les raisons au besoin et à  utiliser  les moyens de la modifier
-Apprendre à reconnaitre les procédures démocratiques y compris celles qui permettent de les modifier
-Développer les compétences  d’expression d’un point de vue mais aussi d’argumentation pour convaincre les autres
-Savoir vivre et travailler ensemble (-Savoir reconnaître et accepter les différences)
-Résoudre pacifiquement les conflits
-Participer au fonctionnement de l’école
-Participer à l’élaboration de la charte de classe et de l’école
-Participer à des projets d’entraide et de solidarité en faveur des enfants en situation difficile
-Défendre et promouvoir les valeurs démocratiques et les droits de l’homme à l’intérieur de l’établissement scolaire comme dans la société en général,
-Respecter le bien collectif
-Participer activement au fonctionnement des institutions démocratiques
Pour que les  enfants s’approprient ces concepts des outils  sont développés dans les écoles pour aider l’instituteur à accompagner les enfants dans le processus de participation. Nous pouvons citer :
- Les  élections des délégués de classe (apprendre à décider ensemble,  permettre aux élèves de participer  à des décisions qui concernent leur vie à l’école, des structures mises en place à l’école  comme le  conseil d’élèves, conseil de coopération, gouvernement scolaire, coopérative scolaire, et les clubs de droits humains, de protection de l’environnement …. )
- La construction de la règle ou la charte de l’école  ou de classe (différente du  règlement intérieur). A l’école vivent des personnes de statut différents, élèves, enseignants, membres de l’administration, avec des cultures différentes d’où la nécessité de s’entendre, d’harmoniser les comportements individuels et les comportements collectifs, la nécessité d’élaborer des règles…)
- Les clubs  (La citoyenneté  doit se vivre en classe et dans les autres structures comme le foyer socio éducatif et ses démembrements que sont les clubs.  Dans les clubs  par exemple, les membres  apprennent à prendre la parole, à défendre leurs idées, à élire, à être élu, à contrôler les élus (demander des PV, vérifier les comptes,  les élus apprennent à mettre en œuvre une bonne gouvernance des ressources humaines et matérielles, à prendre des décisions de façon démocratique , à appliquer la transparence dans tout ce qu’ils font( à bien informer , à lutter  contre la corruption, à mettre en œuvre la non discrimination,  à rendre compte etc. )
- le conseil de coopération  (assemblée de classe dans les écoles primaires: se réunit une fois tous les 15 jours avec un OJ, un président, un SG sur des questions de l’école. C’est un lieu  d’apprentissage de la citoyenneté démocratique. La citoyenneté  est un long apprentissage,
elle repose sur la notion d’état de droit et le conseil permet d’expérimenter cet état de droit.
Le conseil vise à susciter l’esprit d’entraide, de coopération de démocratie entre les membres, donner la parole aux enfants à propos de ce qu’ils vivent en classe, gérer les conflits.
-le gouvernement  scolaire (C’est un outil permettant de promouvoir la participation des enfants, de faire progresser, l’éducation de qualité et d’améliorer la vie de l’école et de la communauté. Avec un accompagnement discret de la part des adultes et par l’intermédiaire de jeux de rôles, les élèves s’organisent en ministères prennent des décisions, agissent et se considèrent responsables, Cette participation à un gouvernement leur permet de découvrir leurs droits et les responsabilités liées à la citoyenneté, d’acquérir des compétences en matière de résolution de problèmes et de communication, leur donne les chances de faire l’expérience d’un environnement marqué par l’esprit d’équipe et dans lequel, les filles et les garçons sont traités sur un pied d’égalité(la  démocratie, la paix, la justice sociale et l’égalité entre les sexes),
- Apprennent à exercer leur liberté d’expression et deviennent des véritables décideurs.
- Le conseil de gestion
- Procédures et structures de résolution des conflits……..
Cependant malgré ces outils développés par l’école nous notons des disfonctionnements à caractère discriminatoire sur certaines couches d’élèves (handicapés, déficients mentaux,…) qui sont défavorisées dans leur intégration dans le système scolaire n’est pas effective. Ceci  Malgré la ratification par le Sénégal de différents traités et instruments normatifs et l’adoption d’une loi
portant sur l’obligation scolaire, des milliers d’enfants vivant avec un handicap ou porteurs d’une déficience avérée, ou encore ayant des difficultés d’apprentissage sont en marge du système éducatif.

« Mouvements associatifs infantiles et juvéniles : un premier exercice de démocratie participative »


M. TINE dans sa présentation à introduit par une définition de l’éducation populaire qui se résume par toutes les activités menées pour l’épanouissement de l’enfant et du jeune. Et pour avoir une idée du niveau de participation des enfants dans les différentes structures a demandé la question suivante : « Qui prend les décisions dans nos structures et quelle est la place de l’enfant dans les actions de nos structures ? » cette question à permis une remise en question de l’organisation même des organisations car pour la plupart du temps les enfants ne sont pas représentés dans les instances de décisions et de conception des programmes.

Revenant sur l’histoire du mouvement associatif Sénégalais il dira que ces mouvements le plus souvent datent des indépendances ou parfois même bien au-delà. Ils sont nés certes de la volonté politique des dirigeants du pays, mais force est de reconnaitre aujourd’hui qu’ils ont fini de convaincre de leur rôle capital dans l’épanouissement et l’éducation de l’enfance et de la jeunesse Sénégalaise.

S’appuyant sur les textes de loi il montrera comment l’Etat du Sénégal respecte les libertés individuelles et l’inscrit même dans sa constitution. Exemple : Article 8 ” La République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, …. Ces libertés et droits sont notamment : – Les libertés civiles et politiques : liberté d’opinion, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté d’association, liberté de réunion, liberté de déplacement, liberté de manifestation,”
Article 12 ” Tous les citoyens ont le droit de constituer librement des associations, des groupements économiques, culturels et sociaux ainsi que des sociétés, sous réserve de se conformer auxformalités édictées par les lois et règlements.”
faisant faire des activités d’adulte mais de les accompagner dans un processus d’apprentissage de la participation à la vie de la communauté.

A la suite ce cette introduction il abordera le point suivant qu’est l’importance des associations en charges des enfants et des jeunes. Les associations constituent des cercles de discussion, d’échanges d’information et de négociation. Ces associations sont sensées constituer des agents de socialisation. Elles faciliteraient la cohésion et l’articulation des groupes au sein de la société et elles favoriseraient des individus avec les groupes et la société globale. Elles sont des lieux par excellence de façonnement du caractère et de la personnalité. Elles offrent à l’homme politique futur, le moyen d’apprendre la conduite des hommes et la gestion des choses avant l’heure.

En définitive il ne s’agit pas de faire des enfants des adultes en miniature en leur